Prolonger la péremption de 73 médicaments : et si vos pertes n’étaient pas une fatalité ?
Un projet pilote français veut allonger la durée de conservation de 73 molécules jusqu’à cinq ans. Ce que cela change concrètement pour la gestion des périmés en officine.
Combien de fois avez-vous jeté un médicament encore parfaitement efficace ?
La réponse dérangé. Une part importante des produits détruits pour péremption reste chimiquement stable au moment de leur destruction. La date imprimée sur la boîte n’est pas une vérité absolue : c’est une garantie commerciale fixée par le laboratoire, souvent sur des durées d’étude limitées.
Un projet pilote vient de le confirmer. Quatorze laboratoires se sont portés volontaires pour prolonger la durée de conservation de 73 molécules. Pour certaines spécialités, la durée de vie pourrait atteindre cinq ans. Un signal fort : la péremption affichée n’est pas gravée dans le marbre.
L’idée reçue à déconstruire
Beaucoup de titulaires considèrent les pertes pour péremption comme un coût fixe, inévitable, intégré au fonctionnement de l’officine. C’est une erreur de raisonnement.
La réalité terrain est différente :
- La majorité des destructions concerne des références à rotation lente, mal surveillées.
- Un produit périmé représente une double perte : la marge non réalisée et le coût d’achat immobilise.
- Sur une officine moyenne, les pertes évitables se chiffrent souvent en milliers d’euros par an.
L’allongement des durées de conservation réduira mécaniquement une partie du risque. Mais il ne réglera pas le problème de fond : l’absence de suivi actif des dates courtes.
Ce que le titulaire doit décider maintenant
Attendre que la réglementation étende les péremptions serait une stratégie passive. La vraie question est celle du pilotage.
| Approche passive | Approche active |
|---|---|
| Découverte des périmés lors de l’inventaire | Détection anticipée mois par mois |
| Destruction subie | Écoulement ou retour organise |
| Perte constatée après coup | Perte quantifiée et évitée |
Quelques réflexes structurent une gestion rentable des stocks :
- Classer par urgence : identifier chaque mois les références dont la date approche.
- Valoriser en euros : chaque produit à risque doit être chiffré, pas seulement compte.
- Agir tôt : mise en avant comptoir, transfert entre officines, retour fournisseur quand il est négocié.
- Analyser les récurrences : une référence qui périmé chaque année révèle un problème d’achat, pas de hasard.
Les solutions de pilotage de la rentabilité permettent aujourd’hui d’automatiser cette surveillance et de transformer une contrainte comptable en levier de marge.
La réforme des durées de conservation est une bonne nouvelle. Mais elle ne remplace pas une décision de gestion. Reprendre la main sur ses dates courtes reste le geste le plus rentable, quelle que soit la péremption imprimée sur la boîte.