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Édition n° 100

Réglementation

Tensions d’approvisionnement : le cadre réglementaire qui protège l’officine

Deux nouvelles tensions déclarées à l’ANSM rappellent les obligations de gestion des ruptures. Décryptage des textes et du plan d’action pour sécuriser la délivrance.

Pharwiz Flash 2 min de lecture

Une tendance de fond qui s’installe

Les tensions d’approvisionnement se multiplient. Deux dossiers viennent d’être actualisés à l’ANSM : l’Indocollyre 0,1 % (indométacine), collyre anti-inflammatoire de référence en ophtalmologie pédiatrique, en tension à partir du 12 août 2026, et la nitrendipine Viatris 10 et 20 mg, antihypertenseur en tension depuis le 16 mars 2026 sans retour à la normale annonce.

Loin d’être dés incidents isoles, ces signalements traduisent une pression structurelle sur la chaîne du médicament. Pour le titulaire, ce n’est plus un aléas ponctuel mais une variable à intégrer dans le pilotage courant de l’officine.

Ce que le cadre réglementaire impose

La gestion des ruptures repose sur des obligations précisés issues du code de la santé publique. Les points à maîtriser :

  • Déclaration à l’ANSM : les laboratoires exploitants doivent signaler tout risque de rupture. La liste publique des médicaments en tension ou rupture est misé à jour en continu et consultable a tout moment.
  • Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM) : pour ces produits, les exploitants sont tenus de constituer des stocks de sécurité et de mettre en place des plans de gestion des pénuries.
  • Rôle du pharmacien : en cas de rupture confirmée, le titulaire peut, sous conditions, orienter vers une alternative et doit tracer sa démarche. La conciliation avec le prescripteur reste la voie à privilégier pour les patients chroniques.

La conséquence pratique est claire : anticiper relève autant de la conformité que du service rendu au patient.

L’opportunité : transformer la contrainte en pilotage

Une tension détectée tôt est une rupture sèche évitée. Or une rupture non anticipée coûte cher : temps passé au comptoir, patients rediriges vers la concurrence, ventes perdues. À l’inverse, un stock ajuste sur les molécules sensibles sécurisé le chiffre d’affaires et fidélisé la patientèle fragile.

Les officines qui structurent leur veille prennent une longueur d’avance sur celles qui subissent l’information au jour le jour.

Plan d’action concret

Étape Action
Veille Consulter régulièrement la liste ANSM des tensions actives
Anticipation Identifier les patients sous molécules à risque (nitrendipine, Indocollyre)
Approvisionnement Contacter les grossistes en amont pour sécuriser les volumes
Coordination Déclencher la conciliation avec le prescripteur avant la rupture sèche

Pour aller plus loin, il convient d’intégrer cette veille dans un suivi centralisé plutôt que de la traiter au coup par coup. Les solutions de pilotage de l’officine permettent aujourd’hui de croiser stocks, rotations et alertes réglementaires, et de transformer une contrainte subie en décision maîtrisée.

Mettre en place cette veille dès maintenant, c’est protéger à la fois la conformité, la marge et la relation patient.

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